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10 finalistes au concours Ma thèse en 180 secondes d'IP Paris 2025

Le 24 Mar. 2025
Mercredi 2 avril 2025, dix jeunes chercheurs présenteront leur sujet de thèse dans le cadre de la finale locale du concours Ma Thèse en 180 secondes organisée par l'Institut Polytechnique de Paris. Le public présent à cet événement phare de médiation scientifique pourra voter pour son candidat favori.
10 finalistes au concours Ma thèse en 180 secondes d'IP Paris 2025
Finalistes 2025 - Institut Polytechnique de Paris © Alain de Baudus

La finale locale du concours de MT180 2025 aura lieu le mercredi 2 avril 2025 à l'École polytechnique de 18h30 à 20h30. Dix finalistes ont été pré-selectionnés cette année, venez les encourager et voter pour celui qui vous aura le plus convaincu !

Le spectacle de médiation scientifique est gratuit et ouvert au public, inscription obligatoire en complétant le formulaire.

Xavier Xancho effectue sa thèse au Laboratoire de Synthèse Organique (LSO) - École polytechnique. Elle est intitulée Cycloadditions catalytiques asymétriques de dipôles azotés : de nouveaux réactifs pour une approche complémentaire.

En quoi consistent vos travaux de thèse ?

Je suis chimiste et mon travail consiste à faire "danser" des molécules pour les assembler et créer de nouvelles structures. Grâce à un précieux allié, le palladium – mon "Cupidon" –, j’organise la rencontre de ces molécules afin qu'elles s’attirent et forment des cycles contenant un atome d’azote. Ces structures sont essentielles, car plus de 50 % des médicaments en contiennent ! Mais attention, l’orientation des liaisons dans l’espace est cruciale : certaines orientations pourraient être toxiques alors que d’autres seraient bénéfiques pour le corps. Mon rôle est donc d’orchestrer cette danse moléculaire en contrôlant chaque paramètre (choix des partenaires, température, et autres conditions opératoires…) afin de pouvoir contrôler sélectivement ces orientations. Tout cela pour contribuer à la fabrication de médicaments plus sûrs et efficaces. Grâce à cette chimie de précision, mes recherches pourraient ouvrir la voie à de nouveaux traitements dirigés contre diverses maladies.

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans une thèse de doctorat dans ce domaine ?

Depuis tout petit, la chimie me fascine. J’ai commencé par m’émerveiller devant les changements de couleur des solutions, avant de plonger plus profondément dans la compréhension des interactions entre molécules. Le décryptage des mécanismes qui régissent la formation des liaisons chimiques me passionne : pourquoi une liaison se crée-t-elle ici plutôt qu’ailleurs ? Pourquoi adopte-t-elle une orientation précise ? Ces questions m’ont naturellement conduit vers la recherche. Aujourd’hui, l’idée que mes travaux puissent contribuer au développement de molécules thérapeutiques me motive chaque jour. Participer, à mon échelle, à l’amélioration de la santé, est une mission qui me tient à cœur.  

Pourquoi est-ce important pour vous de vulgariser vos travaux et de les présenter au grand public ?

Vulgariser mes travaux, c’est avant tout partager ma passion. J’aime transmettre, expliquer, observer l’émerveillement dans les yeux de ceux qui découvrent un sujet qu’ils pensaient inaccessible. La chimie peut sembler complexe, mais avec les bons mots et des images parlantes, elle devient fascinante ! J’aime montrer que cette discipline, au-delà des formules et des réactions, est une science vivante, créative et essentielle à notre quotidien. En rendant mes recherches accessibles, je souhaite aussi donner une image plus positive de mon domaine, souvent perçu comme abstrait ou dangereux. Et puis expliquer, c’est aussi inspirer : peut-être que parmi ceux qui m’écoutent se cachent les scientifiques de demain.     

Que représente le concours MT180 pour vous et qu’attendez-vous de cette expérience ?

Participer à MT180 est une chance. Pouvoir expliquer mon sujet à mes proches et voir leur intérêt grandir est une grande satisfaction. Je suis ce concours depuis des années, admirant la passion et la clarté des participants. Aujourd’hui, c’est un honneur d’être sur scène à mon tour. C’est aussi une occasion unique de perfectionner ma prise de parole en public, de gagner en aisance et en confiance. Des compétences précieuses qui me seront utiles tout au long de ma carrière de chercheur en chimie.  

 

Sarah Tachet effectue sa thèse au Laboratoire de Mécanique et de ses Interfaces (LMI) - ENSTA. Elle est intitulée Construction de modèles pour la propagation des ondes à travers des métasurfaces/métafilms résonnants.

En quoi consistent vos travaux de thèse ?

Depuis quelques années, les physiciens ont constaté qu’en intégrant de petites bouteilles vides dans un mur de manière périodique, il était possible d’obtenir une isolation sonore parfaite. Ici, les bouteilles s’apparentent à des résonnateurs de Helmholtz, un dispositif permettant d’étudier la résonnance de l’air et, en acoustique, d’atténuer certaines fréquences. En les utilisant de la sorte, les scientifiques ont formé un métamatériau (un matériau composite artificiel dont les propriétés physiques ne se retrouvent dans aucun autre à l’état naturel) offrant la particularité de transformer efficacement les ondes sonores qui interagissent avec le mur. Mon travail de thèse propose de formuler des modèles mathématiques capables de décrire de manière efficace cette interaction onde-structure. L’objectif ? Mieux la comprendre, mieux l'optimiser et à terme, la maîtriser. Il sera alors temps de dire adieu aux problèmes de voisinage.

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans une thèse de doctorat dans ce domaine ?

Traduire un problème de la vie réelle en équations mathématiques est, je crois, ce qui me rend la plus heureuse au monde. Je suis arrivée d’Algérie en 2018 pour un cursus d’ingénieure / Master en méthodes mathématiques pour la mécanique avec l’idée d’aller le plus loin possible.  L’aventure doctorale était donc une évidence après mon diplôme d’ingénieure et de Master. D’ailleurs, l’aventure universitaire continue pour moi avec le début d’un contrat de post-doctorat à la rentrée prochaine !

Pourquoi est-ce important pour vous de vulgariser vos travaux et de les présenter au grand public ?

L’adage dit que si quelqu’un n’est pas capable d’expliquer une idée simplement, c’est qu’il ne la comprend pas assez. Vulgariser ses travaux est donc un excellent moyen de faire un bilan sur sa propre compréhension de son sujet de thèse. C’est par ailleurs une belle occasion de partager des savoirs, surtout avec les plus jeunes chez qui nos parcours peuvent susciter des vocations. 

Que représente le concours MT180 pour vous et qu’attendez-vous de cette expérience ?

Pour moi, le concours MT 180 c’est avant tout du plaisir, de belles rencontres, et un formidable partage de savoirs et de valeurs.

Louis Berthier effectue sa thèse au Centre de Mathématiques Appliquées (CMAP) de l'École polytechnique. Elle est intitulée Surveillance robuste de la qualité en temps réel et adaptation fiable des processus de fabrication dans l'industrie du pneumatique.

En quoi consistent vos travaux de thèse ? 

Dans l’industrie manufacturière, pharmaceutique ou chimique, estimer la qualité des produits en temps réel est un défi majeur. Mes travaux relèvent le challenge et proposent de nouvelles méthodes robustes et fiables d’intelligence artificielle - plus particulièrement de deep learning - pour estimer cette qualité. Chez Michelin, où j’effectue ma thèse, la gomme utilisée dans les pneus est prélevée ponctuellement puis testée en laboratoire via des tests longs et coûteux. Mon objectif est donc de développer un outil pour monitorer avec précision la qualité de la gomme au cours de la production. Il s’agit également d’améliorer l’aide à la décision, via des techniques innovantes de quantification d’incertitude. À terme, cela permettra d’ajuster le contrôle de la production en temps réel - plus rapide, précis, fiable - et de sélectionner intelligemment les échantillons à tester en laboratoire. 

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans une thèse de doctorat dans ce domaine ? 

Dès le début de mes études supérieures, j’ai fait le choix de l’informatique, plus précisément de l’intelligence artificielle - machine et deep learning -, et j’ai toujours nourri une appétence pour la recherche. J’ai par ailleurs eu la chance de travailler sur des projets passionnants en robotique et neurosciences faisant le lien entre recherche et applications concrètes. Cette thèse CIFRE, en collaboration avec Michelin et le CMAP, correspond exactement à mon profil et à mes intérêts. Elle me permet par ailleurs d’acquérir une expérience en industrie tout en participant à la recherche, d’approfondir mes connaissances, et de me préparer à relever de nouveaux défis dans les deux milieux.

Pourquoi est-ce important pour vous de vulgariser vos travaux et de les présenter au grand public ? 

La recherche ne doit pas rester enfermée dans les laboratoires. À mon sens, elle doit être partagée avec tous. Vulgariser mes travaux est à la fois un défi personnel sur le plan de la communication auprès de différents publics, et une opportunité de rendre plus accessibles des thématiques pointues. Cela permet de montrer comment ces technologies répondent à des enjeux sociétaux ou industriels, tout en déconstruisant les clichés sur la recherche et les chercheurs. J’y vois également un parallèle avec le monde des startups et le fait de savoir pitcher : convaincre et transmettre une vision sont des compétences précieuses, peu importe le secteur concerné. 

Que représente le concours MT180 pour vous et qu’attendez-vous de cette expérience ? 

MT180 est une aventure unique. En partageant mon travail de recherche avec un public plus large, j’espère peut-être inspirer de futurs chercheurs et montrer que la recherche est utile et accessible à tous. De fait, participer à ce concours est aussi une façon de faire tomber les barrières sociales et d’encourager la diversité des profils et des talents. 

Amélie Kies effectue sa thèse au Laboratoire d'Optique Appliquée (LOA) - ENSTA. Elle est intitulée Dynamiques ultrarapides dans les centres NV du diamant, soumis à un champ magnétique.

En quoi consistent vos travaux de thèse ?

Dans le cadre de ma thèse, je cherche à détecter de très faibles champs magnétiques, comme ceux émis par les cellules cancéreuses. Pour cela, j’utilise un diamant légèrement violet, capable d’émettre des flashs qui s’espacent dans le temps lorsque le champ magnétique alentour augmente. Cependant, la lumière émise par le diamant est trop faible et sa variation trop lente pour la suivre précisément. Mon travail consiste alors à l’intensifier et la rendre plus nette en étudiant son mécanisme d’émission. Ce dernier est régi par les déplacements des électrons dans le diamant, qui se produisent à des échelles de temps ultra-courtes. Grâce à un laser ultra-rapide, je peux suivre et agir sur le mouvement de ces particules, ce qui me permet d'identifier les paramètres à ajuster (comme ceux du laser) afin d’intensifier et d’affiner la lumière émise. En parallèle, j’approfondis ces recherches par des études théoriques sur le diamant afin de mieux comprendre et de maîtriser le déplacement des électrons

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans une thèse de doctorat dans ce domaine ?

Tout a commencé au lycée, à la suite d’une présentation sur la physique quantique. Ce domaine a été une révélation pour moi et j’ai su que je voulais en faire mon métier. Sans savoir par où commencer, ni quelles opportunités pouvaient s’offrir à moi, j’ai tâtonné jusqu’à postuler à un stage dans le seul laboratoire que je connaissais dans le domaine. Cette première expérience a été un succès et j’ai accepté sur le champ la thèse qui m’a été proposée. 

Pourquoi est-ce important pour vous de vulgariser vos travaux et de les présenter au grand public ?

La vulgarisation est importante à mes yeux car c’est elle qui m’a permis de rêver, plus jeune, au détour de fascinantes histoires scientifiques que je suivais sur les réseaux sociaux lors des concours MT180 ou des TED Talks. 

Que représente le concours MT180 pour vous et qu’attendez-vous de cette expérience ?

Ce concours est une occasion pour moi d’apprendre à vulgariser mon sujet afin que ma thèse paraisse moins obscure et abstraite, notamment pour mes proches. Il s’agit également de susciter davantage d’intérêt plutôt que la crainte de ne pas la comprendre. C’est aussi une opportunité de montrer que la thèse est un exercice accessible qui peut se résumer en des notions comprises par tous.

Alexandre Tan-Lhernould effectue sa thèse au sein de l'équipe-projet Lifeware - INRIA / École polytechnique. Elle est intitulée Inférence de modèles biologiques issus de données temporelles pour la recherche de médicaments.

En quoi consistent vos travaux de thèse ?

Ma thèse mêle intelligence artificielle et biologie des systèmes. Je développe un modèle numérique de machine learning capable d’apprendre des réseaux de régulation de gènes pour la recherche de médicaments. Je m’explique. Les gènes sont des morceaux d'ADN qui codent pour des molécules (ARN) servant elles-mêmes de patron à la fabrication de protéines. La quantité d’ARN et de protéines issue de ces gènes est un indicateur de leur activité et cette dernière peut être régulée par l’activité d’un autre gène (d’où la notion de réseau de régulation de gènes). Mon travail est d’analyser la variation de quantité des ARN au cours du temps pour reconstruire au mieux les réseaux de régulation des gènes. Pour cela, j’utilise une méthode numérique d'apprentissage appelée arbre de recherche qui identifie, les unes après les autres, les relations entre les gènes. Elle met ainsi en évidence un réseau de régulation de gènes et utilise le réseau appris pour simuler l’activité de ces gènes. En comparant les données simulées aux données observées, je vérifie sa pertinence. Le réseau peut alors être testé dans diverses conditions pour identifier des cibles thérapeutiques

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans une thèse de doctorat dans ce domaine ?

Modéliser les cellules, les organes, les tissus…Simuler les systèmes vivants pour mieux comprendre leurs fonctionnements…Apporter de nouvelles perspectives dans la recherche médicale…La biologie des systèmes me fascine et c’est ce qui m’a poussé dans cette voie. Par ailleurs, ma thèse est une opportunité d’étudier diverses façons de capitaliser sur des données biologiques de plus en plus nombreuses et accessibles

Pourquoi est-ce important pour vous de vulgariser vos travaux et de les présenter au grand public ?

À mon sens, la vulgarisation des travaux scientifiques est incontournable. En rendant son sujet plus intelligible et accessible, le chercheur facilite la compréhension et l’appropriation des concepts par le grand public mais aussi par d’autres scientifiques et étudiants. C’est essentiel pour que son travail puisse être réutilisé et poursuivi par d’autres, tant en recherche fondamentale qu’appliquée. 

Que représente le concours MT180 pour vous et qu’attendez-vous de cette expérience ?

Ce concours est une opportunité de communiquer sur mon sujet de thèse, mais plus largement, de donner de la visibilité au monde de la recherche. Grâce à lui, j’espère développer mes compétences en communication sur des sujets scientifiques, souvent complexes et difficiles à vulgariser. 

Ange Bernardin Chambissie Kameni effectue sa thèse à l'Institut Photovoltaïque d’Île-de-France (IPVF) - École polytechnique. Elle est intitulée Étude de nouveaux types de semi-conducteurs pérovskite par spectroscopie optique et photothermale.

En quoi consistent vos travaux de thèse ?

Dans le contexte de la transition énergétique, le photovoltaïque est la source d’énergie renouvelable la plus viable pour produire de l’électricité en limitant les émissions de carbone.  Les matériaux à bases de cristaux de pérovskites, par leur rendement de conversion et leur fabrication peu énergivore, sont très prometteurs. Cependant, ils comportent du plomb et posent par conséquent une toxicité limitant leur déploiement à grande échelle. À l’interface de la physique et de la chimie, ma thèse me permet de synthétiser une nouvelle famille de matériaux pérovskites dans lesquels des atomes d’or remplacent le plomb. J’analyse alors les propriétés physiques de cette famille de matériaux pour en déterminer les potentialités et les inclure dans les dispositifs photovoltaïques. J’utilise pour cela des techniques de synthèses novatrices mais aussi la spectroscopie optique pour étudier le comportement des électrons, responsables de la production de l’électricité. Je saurai alors si ces nouveaux matériaux sont efficaces pour le photovoltaïque.

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans une thèse de doctorat dans ce domaine ?

Je viens d’un pays où l’accès à l’électricité est un luxe pour un grand nombre de personnes et j’ai toujours eu à cœur de contribuer à résoudre ce problème. Ayant eu l’opportunité de poursuivre mes études en France, j’ai choisi un domaine qui me permet de mieux comprendre les phénomènes d’interactions lumière-matière, de développer une expertise pointue et d’être utile à ma communauté tout en faisant avancer la science. 

Pourquoi est-ce important pour vous de vulgariser vos travaux et de les présenter au grand public ?

Je rencontre souvent des personnes aux idées préconçues sur les scientifiques. Ils sont vus comme des individus travaillant dans leur bulle sur des choses abstraites. Vulgariser mes travaux auprès du grand public est une occasion de montrer que les chercheurs se consacrent à des sujets d’intérêt général et contribuent chaque jour à faire avancer la science, mais aussi à améliorer la vie de tous.

Que représente le concours MT180 pour vous et qu’attendez-vous de cette expérience ?

Pour moi, MT180, représente l’occasion de parler de mon travail de thèse, de partager ma passion et de rendre la science accessible à tous. Je suis un adepte de la vulgarisation scientifique et j’ai toujours eu à cœur de parler de la science autour de moi. Ce concours est l’occasion rêvée de passer à l’action auprès d’un public varié. 

Laure Corazza effectue sa thèse au Laboratoire de Météorologie Dynamique (LMD) - École polytechnique. Elle est intitulée Estimation de la concentration de gaz à effet de serre depuis l’espace par Machine Learning.

En quoi consistent vos travaux de thèse ?

Ma thèse s’inscrit dans le contexte des lancements de deux nouveaux satellites d’observation des gaz à effet de serre (GES) basés sur l’analyse du rayonnement solaire ayant traversé notre atmosphère. Grâce à une technique appelée spectroscopie, il est en effet possible de décomposer ces rayons et de retrouver par une méthode mathématique assez lente - l’inversion de mesure - la quantité de GES dans l’atmosphère à différents endroits du Globe. Or, contrairement à leurs prédécesseurs, ces deux satellites effectuent des relevés en continue et génèrent une quantité considérable de données que l’inversion des mesures ne permet plus de traiter dans des délais raisonnables. L’objectif de ma thèse est donc d’utiliser l’intelligence artificielle pour accélérer le processus et améliorer la détermination des GES. J’entraine pour cela un réseau de neurones artificiels qui une fois développé, pourra être appliqué directement aux mesures réelles prises par les nouveaux satellites pour déterminer la concentration en GES en un point et un instant donné.

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans une thèse de doctorat dans ce domaine ?

Tout d’abord, le plaisir que j’ai eu à mener mon travail de mémoire de master sur la télédétection de la neige depuis l’espace. Puis, mon désir de participer à l’effort scientifique entourant la compréhension des effets du réchauffement climatique et leur atténuation. J’avais, de plus, envie de poursuivre dans le domaine de la télédétection car j’aimais l’indépendance et les possibilités d’exploration offertes par la recherche, tout en mêlant idéalement l’espace (mon domaine d’étude) et les changements climatiques.

Pourquoi est-ce important pour vous de vulgariser vos travaux et de les présenter au grand public ?

Je pense que la majorité des gens s’imaginent que les sujets de doctorat sont extrêmement compliqués et inaccessibles pour le grand public. Cela crée une sorte d’aura mystérieuse autour de la recherche scientifique, alors qu’en réalité cette dernière se préoccupe de thèmes universels comme les changements climatiques ou le cancer. La vulgarisation dissipe cette aura et peut aider davantage de personne à s’intéresser à la science.

Que représente le concours MT180 pour vous et qu’attendez-vous de cette expérience ?

De sortir de ma zone de confort ! La partie la plus excitante du concours est pour moi le fait de m’adresser à un grand public, seule sur une scène. C’est une expérience que je n’ai jamais vraiment vécue. J’espère qu’elle m’apportera davantage de confiance en mes capacités à parler devant un public et à l’intéresser.

Tristan Némoz effectue sa thèse au Laboratoire de Traitement et Communication de l’Information (LTCI) – Télécom Paris. Elle est intitulée Modèles computationnels en cryptographie quantique.

En quoi consistent vos travaux de thèse ?

Dans un avenir proche, les ordinateurs quantiques pourraient casser certains dispositifs de sécurité actuels. L’heure est donc au remplacement des systèmes vulnérables. Nous disposons pour cela de deux solutions historiquement en concurrence. D’un côté le changement des algorithmes de chiffrement, qui pose l'avantage d'être facile et rapide à réaliser mais expose à d'autres attaques potentielles. De l’autre, le changement de paradigme, à savoir l’utilisation de la physique quantique. Dans ce dernier cas, la sécurité est parfaite mais bien plus difficile à mettre en œuvre. Ma thèse tente de rapprocher ces deux solutions en combinant algorithmes de chiffrement traditionnels et physique quantique. L'objectif est alors d’obtenir une meilleure sécurité qu’avec les algorithmes de chiffrement seuls et une meilleure praticité que celle offerte par la cryptographie quantique seule.

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans une thèse de doctorat dans ce domaine ? 

Tout simplement mon projet professionnel. Je souhaite travailler dans la recherche en informatique quantique et cette thèse représente pour moi la meilleure façon de me former au domaine.

Pourquoi est-ce important pour vous de vulgariser vos travaux et de les présenter au grand public ?

En premier lieu parce que le sujet est passionnant ! C’est aussi une façon de démystifier la physique quantique. Et même si je n’ai pas le temps d’approfondir ce sujet dans mon discours, le grand public découvrira certaines problématiques actuelles en cryptographie et les différentes approches qui s’affrontent.

Que représente le concours MT180 pour vous et qu’attendez-vous de cette expérience ?

C'est pour moi l'occasion d'apprendre à vulgariser ma thèse, de prendre le temps de réfléchir à la manière la plus efficace de transmettre mes informations. À l’issue de ce concours je serai capable de formuler des analogies parlantes en les adaptant à mon interlocuteur. 

Marie-Sophie Dias Fernandes effectue sa thèse au Laboratoire de Chimie Moléculaire (LCM) - École polytechnique. Elle est intitulée Étude des propriétés électrocatalytiques de matériaux hétérofonctionnels poreux par électrochimie et spectroscopie d’absorption des rayons-X.

En quoi consistent vos travaux de thèse ?

Mon projet de thèse consiste à étudier de nouveaux systèmes pour le stockage de l’énergie, notamment les énergies renouvelables. Leur développement est actuellement limité en raison de l’intermittence de leur production. L’une des possibilités envisagées pour pallier ce problème est d’utiliser des dispositifs permettant de stocker le surplus d’énergie produit pour mieux le restituer pendant les périodes de faible production. Pour cela, je m’intéresse à des systèmes nommés électrolyseurs, capables de convertir l’électricité en hydrogène selon un procédé propre et rentable. Cependant, la réaction de conversion est lente et donc pas assez efficace. L’objectif de ma thèse est d’étudier et d’optimiser de nouveaux matériaux pour améliorer l’efficacité de la réaction en jeu lors de la conversion.  

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans une thèse de doctorat dans ce domaine ?

C’est en forgeant qu’on devient forgeron ! C’est donc après plusieurs stages en laboratoires que j’ai pris goût à la recherche et que la thèse s’est présentée comme la suite logique de mon parcours. Par ailleurs, mon objectif était - et est toujours - de contribuer à la lutte contre la crise climatique actuelle, notamment en participant au développement de nouvelles technologies pour la production, la conversion et le stockage de l’énergie.

Pourquoi est-ce important pour vous de vulgariser vos travaux et de les présenter au grand public ?

Il est souvent difficile d’expliquer de façon synthétique nos travaux à nos proches et c’est parfois un peu frustrant de ne pas réussir à se faire comprendre. C’est d’autant plus vrai que le projet est passionnant et que l’envie de le partager et d’expliquer son intérêt est forte. La vulgarisation revêt alors toute son importance 

Que représente le concours MT180 pour vous et qu’attendez-vous de cette expérience ?

MT180 est un défi personnel. C’est une expérience unique qui m’offre l’opportunité de parler de mon travail avec légèreté face à un public auquel je suis peu habituée. C’est également l’occasion de présenter mon projet de thèse sous un autre angle. À travers cette expérience, je souhaite apprendre à m’adapter à mon auditoire et capter son attention. J’espère ainsi transmettre au public l’intérêt et l’objectif de mon projet de thèse, mais surtout prendre du plaisir à le faire.

Maxime Vigoureux effectue sa thèse au Laboratoire de Synthèse Organique (LSO) - École polytechnique. Elle est intitulée Quand l'économie d'atomes et l'économie d'étapes fusionnent : approches par fragments et cyclisations radicalaires de la synthèse totale des substances naturelles pontées.

En quoi consistent vos travaux de thèse ?

Ma thèse relève de la chimie organique. Je développe des molécules naturelles aux propriétés anticancéreuses, avec pour objectif de trouver une manière plus simple, plus efficace et plus propre de les fabriquer. Pour cela, j’utilise une approche par fragment. Concrètement, au lieu de partir d’une petite molécule naturelle et de la modifier étape par étape, ce qui est chronophage et risqué, je sélectionne plusieurs petites molécules (elles aussi présentes dans la nature), les modifie, puis les assemble. L’avantage ? Exploiter l’ingéniosité de la nature au lieu de tout reconstruire, mais surtout, éviter le gaspi. En effet, si une étape rate, la majeure partie de la molécule est conservée et seule la partie erronée est corrigée. Je génère ensuite des électrons libres qui, à l’instar des dominos, déclenchent une cascade de réactions que je contrôle. En une étape, ils transforment mes fragments de molécules en une plus grande bien plus complexe. Résultat : une stratégie plus rapide et plus efficace pour produire de futurs médicaments contre le cancer !

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans une thèse de doctorat dans ce domaine ?

J’ai toujours été fasciné par le milieu médical : comprendre les rouages d’une maladie, comment les médicaments agissent pour la combattre. Lorsque j’ai découvert la chimie organique, j’ai tout de suite été mordu ! Penser les réactions, les expérimenter en labo, c’était à la fois stimulant et concret. Aujourd’hui, je suis convaincu que la chimie organique joue un rôle clé pour relever ces défis et faire avancer la recherche.

Pourquoi est-ce important pour vous de vulgariser vos travaux et de les présenter au grand public ?

La science est souvent incomprise, considérée comme quelque chose de lointain, voire de trop complexe. En vulgarisant mes travaux, j’espère permettre à tous de comprendre l’impact de la recherche sur le monde qui nous entoure, la rendre accessible, et ainsi inspirer des vocations et des rêves. La chimie organique est un jeu auquel j’ai la chance de pouvoir jouer. Tout le monde peut en apprendre les règles et venir les bousculer.

Que représente le concours MT180 pour vous et qu’attendez-vous de cette expérience ?

MT180 est l’occasion parfaite d’apprendre à partager ma passion avec tout le monde. Ce concours me pousse à expliquer mes recherches de façon claire et percutante en un temps record, ce qui essentiel pour un chercheur. J’y vois une belle opportunité d’améliorer ma manière de communiquer, de voir ma thèse sous un autre angle et, qui sait, de susciter les vocations.

 

Les prestations des candidats seront départagées par un vote du public ainsi que par le vote du jury réunissant des personnalités passionnées issues du monde scientifique et artistique. Découvrez-en la composition dans notre actualité dédiée à la finale du concours 2025